«Je le crois vraiment, il est vital d'aborder chaque jour avec le désir d'être heureux.»
Augustin Paluel-Marmont

Pauline Dunord (Atelier d'Ecriture Créative) (59 Lambersart)

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Je n’ai rien oublié – Mémoire, vous avez dit mémoire ?

· Bonjour, tu es là ? c’est moi Al, parle-moi, que deviens-tu ? Allez, raconte.

Allo ! Tu décroches et tu ne réponds pas, c’est Al. Tu es toujours là ? Souviens-toi, voilà un an que nous cohabitons. Que deviens-tu ?

· Oui, c’est vrai que tu es entré dans ma vie il y a un peu plus d’un an. Je vis tout doux. À quoi sert de me presser ? J’arriverai bien au bout, ne t’inquiète pas.

Toute ma jeunesse est dans ma mémoire. Mon premier jour d’école, ma scolarité, mes professeurs, mes diplômes, mon premier jour de travail, les 42 ans et 1/2 passés à faire ce que j’aimais : la comptabilité. Je me revois le jour de mon mariage, la naissance de mon fils puis celle de son fils.

Vint la retraite, oh bonheur, j’allais enfin avoir la possibilité et le temps de ne faire que ce que je veux.

Tu es arrivé sournoisement, un matin je ne savais plus où j’étais, ni ce que je faisais des objets que je venais de prendre en main, je me perdais chez moi.

Le docteur est venu, je suis allée chez un spécialiste qui m’a fait faire des tests. Il t’a diagnostiquée, toi la maladie d’Alzheimer, ce n’était que le début. Je sais qu’un jour même mon avant toi disparaîtra également dans les brumes de mon pauvre cerveau.

Pour l’instant il est encore là, un peu, je sais qu’avec toi Alzheimer peu à peu je le perdrai aussi et que je fais tout mon possible pour retarder le plus possible ce moment. J’écris mes souvenirs afin que je ne parte pas sans laisser une trace de mon passage.

Chaque jour, je tente de t’échapper seulement, chaque jour est plus difficile que la veille, je sais que tu finiras par gagner ce combat, mais je peux t’assurer que de mon passé, je n’ai rien oublié.

Le parapluie – C’est la fête

Aujourd’hui pour vous il fait un temps à ne pas laisser un chien dehors, tandis que pour moi comme dans la comptine il pleut il mouille c’est la fête à grenouille, c’est un grand bonheur, je suis heureux je suis un parapluie. Quand je sors avec Madame je suis clair ou coloré, ou fleuri ou à franges ; je suis beau. Quand je sors avec Monsieur je suis majoritairement noir, toujours classique. Un homme ne se promène pas sous des fanfreluches. Je suis dans presque chaque foyer sur Terre, dans tous les pays où les saisons varient grâce aux nuages et aux vents. Avec mes collègues et frères nous sommes des centaines de millions à parcourir les rues des métropoles. Les habitants des pays secs ou désertiques n’ont pas le bonheur de me connaître, il y fait toujours beau. Mes ancêtres étaient lourds avec de véritables os de baleine pour soutenir la toile. Moi je suis léger, en aluminium et polyester, je peux être droit ou pliant. J’aime quand le ciel s’assombrit et que de gros cumulus menacent. Tôt ce matin un altostratus s’est positionné au-dessus de la ville. À présent, il pleut et je jubile. Comme un jeune étalon je piaffe de bonheur, je vais sortir. Je vais me déployer, je vais me faire mouiller. C’est un réel bonheur pour moi que de sentir ruisseler les gouttes d’eau sur ma toile, elles me chatouillent, elles me caressent. Je suis au paradis. Soudain la bise renforce l’averse qui fait un bruit de roulement de tambour sur moi. Je ruisselle de toute part. Nous sommes au printemps, les mois pendant lesquels le temps change plusieurs fois dans la journée. Doucement le déluge se calme, les nuages s’écartent, le soleil réapparaît, je suis replié, je vais devoir sécher dans la buanderie puis je serai remisé dans ce grand vase en faïence ancienne jusqu’à la prochaine ondée, vivement qu’elle arrive !

Livre – Ouverture sur le monde

Chère lectrice, cher lecteur,

Si tu lis ceci c’est que je suis entre tes mains. L’auteur, le titre, la 4ème de couv, c’est sur eux que tu as porté ton choix car je suis un livre.

Je peux être un roman, une biographie, un recueil de contes ou de nouvelles, et tant d’autres encore. Grâce à moi tu peux apprendre ou réviser : des langues étrangères, l’histoire et la géographie, les sciences, résoudre des équations, former un enfant à la lecture et à l’écriture. Et t’amuser.

Je peux te faire trembler avec Stephen King, tu peux grelotter de froid en suivant Jean-Louis Etienne dans le grand Nord, découvrir de nouvelles espèces végétales ou animales avec les explorateurs, éclater de rire grâce à l’humour de Jean-Louis Fournier, tu peux être nostalgique par une nuit bien sombre en ouvrant mes pages sur la carte du ciel tout en rêvant de voyages intergalactiques avec Hubert Reeves et Stephen Hawking.

Ça ne dépend que de toi. Grâce à moi tu peux devenir un scientifique, un poète, un bon manuel, un enseignant pour transmettre le savoir, ou encore tout ce qui est imaginable.

En suivant tes choix de livres tu peux orienter ta vie et celle des autres.

Et quand tu m’auras entièrement dévoré, s’il te plaît, range-moi près de tous mes semblables dans ta bibliothèque.

Remarques

Nathalie, le 03/12/20 Belle imagination et belle plume pour "Je n'ai rien oublié" Marie-Paule :)... Mais je ne dirais pas que ton texte répond à la contrainte "Ecrire positif" n'est-ce-pas ?!!
* J'ai bien aimé ton parapluie aussi !
* Bien aussi ta courte description du livre !
*" et tant d’autres encore." : pour moi il manque quelque chose après "autres"

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